# Communauté : Michael de l’équipe principale

> Portrait communautaire de juin 2025 : le photographe Detlef interroge Michael, membre de l’équipe principale, sur son parcours vers evcc, la communauté et l’open source.

Ces derniers mois, nous avons fait la connaissance de nombreux utilisateurs de la communauté. Le portrait d’aujourd’hui est un peu différent : le photographe [Detlef](https://hee.se) endosse le rôle d’intervieweur et s’entretient avec Michael, de l’équipe principale d’evcc.

## « Le meilleur logiciel ne sert à rien si personne ne le connaît »

**Detlef :** Aujourd’hui, nous inversons les rôles et c’est à vous de répondre aux questions. J’ai découvert le projet et fait votre connaissance lors de l’une de vos conférences. Êtes-vous une sorte de « patron d’evcc » ?

**Michael :** Non, je ne me décrirais pas ainsi. Je fais partie de l’équipe principale de trois personnes, avec [Andi](https://github.com/andig) et [Uli](https://github.com/premultiply). Ensemble, nous travaillons sur ce projet et nous répartissons les nombreuses tâches qu’implique un projet open source de cette taille.

En plus du développement de l’interface utilisateur, qui est mon domaine principal, je m’occupe aussi de notre visibilité publique. Cela comprend le site web, les articles de blog, les [autocollants](https://github.com/evcc-io/evcc/discussions/4446), la documentation, un peu de réseaux sociaux et quelques interventions lors de conférences ou dans des vidéos YouTube. Je le fais parce que je pense que le meilleur logiciel ne sert à rien si personne ne le connaît.

## D’une idée naïve à l’équipe principale

**Detlef :** Quel a été votre premier contact avec evcc ?

**Michael :** Mon premier contact avec evcc ressemble sans doute à celui de la plupart des utilisateurs. Nous avions commandé une voiture électrique en 2020 et je cherchais une solution pour la recharger avec le surplus solaire. Assez naïvement, je pensais qu’il suffisait d’acheter un chargeur intelligent et que l’affaire serait réglée. La réalité m’a vite ramené sur terre : des solutions fermées propres à chaque fabricant, des services cloud, des solutions propriétaires, rien de tout cela ne me convenait.

Puis je suis tombé sur evcc. Le logiciel était minimaliste, modulaire et reposait sur une pile technologique passionnante, avec Go et Vue.js. Le projet n’avait alors que quelques mois. J’ai fait mes premières contributions et j’ai rapidement rejoint l’équipe principale. Près de cinq ans plus tard, le logiciel a parcouru un chemin incroyable.

![Michael sur un banc à côté du chargeur Go-e](/_astro/michael-smartphone-go-e.DnNxO9Vx_1q3hUM.webp)

## Utiliser ses propres outils

**Detlef :** Je suppose que vous faites tourner votre propre installation evcc. À quoi ressemble-t-elle ?

**Michael :** Notre aventure a commencé en 2017 avec une installation photovoltaïque de 9,8 kWc orientée sud. À l’époque, il était important de rester sous la limite de 10 kWc ici en Allemagne. En 2023, nous avons aussi couvert de panneaux solaires le reste du toit côté nord et le carport. Au total, cela fait désormais 18 kWc, plus une batterie domestique de 12,8 kWh. Ces extensions ont augmenté notre taux d’autarcie.

![Schéma evcc de Michael](/_astro/michael-diagram.0BS5YncL_22p3jm.svg)

Bien sûr, nous utilisons evcc pour recharger notre voiture électrique à l’énergie solaire. Mais j’essaie aussi d’utiliser toutes les autres fonctions que nous avons intégrées au logiciel jusqu’ici. De mars à octobre, une [résistance chauffante électrique de 3 kW pilotée par evcc](https://github.com/naltatis/aton-ctrl) prend en charge la production d’eau chaude. Elle n’utilise que le surplus solaire ou l’électricité du réseau très bon marché. Même notre vélo électrique est branché sur une prise qui ne fournit du courant que lorsque le soleil brille.

Ce n’est pas vraiment une question de rentabilité. Notre chauffage aux granulés chaufferait l’eau un peu moins cher, et la consommation du vélo électrique est négligeable par rapport à celle de la voiture. Ce qui compte pour moi, c’est d’utiliser moi-même les nouvelles fonctions au quotidien. Fidèle à la devise du développement logiciel : [« Eat your own dog food ».](https://fr.wikipedia.org/wiki/Dogfooding)

| Composant                       | Détails                                                                                         |
| ------------------------------- | ----------------------------------------------------------------------------------------------- |
| **Installation photovoltaïque** | 18,1 kWc au total 7,7 kWc sud SolarEdge 9,0 kWc nord Sungrow 1,4 kWc carport Hoymiles & AhoyDTU |
| **Batterie domestique**         | 12,8 kWh Sungrow                                                                                |
| **Véhicules**                   | Tesla Model 3                                                                                   |
| **Chargeurs**                   | Easee Home, Go-e Gemini                                                                         |
| **Résistance chauffante**       | 3 kW TA Aton via PWM                                                                            |
| **Vélo électrique**             | Shelly 1PM                                                                                      |
| **Tarif dynamique**             | Octopus Energy                                                                                  |

## La force de la communauté plutôt qu’un savoir d’expert

**Detlef :** evcc prend aujourd’hui en charge des centaines d’appareils et de services. Les connaissez-vous tous ?

**Michael :** Les fonctions, oui, mais les détails de chaque intégration, certainement pas. Uli et Andi sont les experts de la compatibilité des appareils. Les nouvelles intégrations d’appareils viennent presque toujours de membres de la communauté qui possèdent l’appareil en question. Parfois, ces utilisateurs sont aussi développeurs et peuvent proposer des pull requests. Dans la plupart des cas, nous élaborons une solution avec les utilisateurs.

L’avantage de notre architecture, c’est que les particularités des appareils ne jouent aucun rôle dans le développement des fonctions. Notre modèle de données unifié garantit que l’utilisation des batteries domestiques, p. ex., fonctionne toujours de la même manière, quels que soient la marque et le modèle. Si un appareil offre d’autres fonctions, comme la commutation de phases ou le pilotage externe, des options supplémentaires apparaissent automatiquement dans l’interface utilisateur.

![Michael branche le connecteur sur le chargeur Go-e](/_astro/michael-evcc-wallbox.Fh-_r-qw_ZImcJ4.webp)

## Open source ou solutions commerciales

**Detlef :** Parlons d’open source. Est-ce que cela vous passionne toujours après toutes ces années ?

**Michael :** Absolument. L’open source est imbattable : nous créons une sorte de base de données qui gère de manière uniforme les interfaces de presque tous les chargeurs, onduleurs et autres appareils. Cette idée de *savoir libre* est fascinante et constitue une ressource incroyablement précieuse, y compris pour d’autres projets.

**Detlef :** De nombreux fabricants proposent des systèmes propriétaires, même si certains onduleurs deviennent plus ouverts. Qu’est-ce que cela signifie pour votre projet ?

**Michael :** Vous avez raison. De nombreux fabricants intègrent désormais des fonctions de charge intelligente. Dans un monde idéal, la gestion intelligente de l’énergie devrait être aussi simple que possible. Tesla s’en sort plutôt bien en combinant Powerwall, chargeur et véhicule. Mais dès que l’on sort de l’écosystème (un autre véhicule, une pompe à chaleur à intégrer), cela se complique. C’est là que des solutions comme evcc sont nécessaires.

**Detlef :** Pensez-vous qu’evcc trouvera des utilisateurs au-delà des passionnés d’informatique ?

**Michael :** Je pense que oui. Aujourd’hui, il faut encore quelques connaissances techniques ou au moins un certain goût pour le bricolage. Mais nous travaillons à rendre la configuration initiale aussi simple que celle d’une box internet. Le logiciel devient ainsi accessible aux utilisateurs moins à l’aise avec la technique.

Bien sûr, les services cloud sont encore plus simples à utiliser : on s’inscrit, on saisit ses identifiants, c’est terminé. Mais on dépend alors du fournisseur cloud et on doit lui faire confiance en matière de confidentialité et de stabilité. Une solution locale, entre ses propres murs, donne le contrôle total. L’indépendance, la stabilité et la souveraineté des données sont des critères importants.

## Pas de magie, pas de cases à cocher à foison

**Detlef :** Avec toutes les demandes de fonctions sur GitHub, impossible de satisfaire tout le monde. Qui décide de ce qui entre dans la prochaine version ?

**Michael :** Plusieurs facteurs entrent en jeu. Notre ligne directrice est de ne pas surcharger l’interface avec des paramètres qui nécessitent des explications, mais aussi de ne pas implémenter de « comportement magique » qui pourrait surprendre les utilisateurs. Ces objectifs se contredisent parfois. Dans le doute, nous refusons les demandes de fonctions, mais grâce aux interfaces ouvertes, beaucoup de fonctions peuvent d’abord être réalisées en externe avec des scripts personnalisés ou Home Assistant.

La demande joue naturellement aussi un rôle. Pendant longtemps, nous n’avons pris en charge les dispositifs de chauffage que sous forme de plugins, pour nous concentrer sur notre fonction principale, la recharge des voitures électriques. Depuis le début de l’année, nous avons toutefois intégré des pompes à chaleur de plus de 20 fabricants, tout simplement parce que beaucoup d’utilisateurs le souhaitaient et que la plupart des mécanismes nécessaires existaient déjà dans evcc.

![Michael dans le local technique avec les onduleurs Sungrow et SolarEdge](/_astro/michael-sungrow-solaredge.D_lzDORP_Z1vq10o.webp)

## Pas de feuille de route, pas de domination mondiale

**Detlef :** Pour moi, evcc a toujours été un projet de recharge indépendant des fabricants, alors qu’aujourd’hui c’est pratiquement un EMS universel. Comment voyez-vous l’avenir ?

**Michael :** Question intéressante. Il n’y a pas de feuille de route officielle. Le financement par la communauté nous donne de la liberté : pas de contraintes externes, pas de jalons ni d’objectifs de domination mondiale avec des échéances fixes.

Notre seule motivation est d’adapter au mieux le logiciel aux souhaits des utilisateurs. La communauté fait vivre le projet et en fixe la direction. Que nous nous présentions comme « EMS universel » et que nous puissions cocher toutes les cases des comparatifs de produits, cela n’a pas d’importance pour nous. Ce qui compte, c’est d’apporter des solutions aux besoins réels des utilisateurs.

Pour l’avenir : une fonction souvent demandée, ce sont des visualisations et des statistiques qui vont au-delà des sessions de charge. Une sorte de « tableau de bord », comme on en trouve dans les applications des fabricants d’onduleurs. Nous avons déjà beaucoup d’idées à ce sujet.

Un autre grand sujet est l’amélioration du pilotage intelligent. Nous prévoyons d’intégrer des prévisions de production et de consommation dans nos algorithmes. Une bonne intégration de systèmes d’optimisation externes et de services basés sur l’IA est aussi importante. Là aussi, nous recherchons toujours des contributeurs motivés. Si cela vous intéresse, n’hésitez pas à nous contacter sur Slack.

**Detlef :** En mon nom et au nom de tous les utilisateurs d’evcc : merci beaucoup de faire avancer le projet ainsi. Je suis ravi chaque fois que je recharge ma voiture avec de l’énergie que j’ai moi-même produite.

**Michael :** Merci pour les questions et pour l’occasion de me retrouver, pour une fois, de l’autre côté de l’interview.

***

**Portraits communautaires recherchés !** Vous avez déjà contribué au code d’evcc ? Alors n’hésitez pas à vous manifester [ici](https://airtable.com/appDI3xIiev1DOpMY/shrW1zGH26KElfZOK). Nous recherchons actuellement des portraits de membres actifs de la communauté.